Émancipation 17
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Quelle réforme pour le collège ?

mardi 19 mai 2015, par Emancipation 17

OUI, la réforme du collège doit être retirée !

Cette réforme prévoit une nouvelle baisse des horaires disciplinaires pour organiser des Enseignements Pratiques Interdisciplinaires, qui s’ajoute à celle qui avait déjà été faite en 2002 pour la mise en place des IDD en 5ième et 4ième.

Elle entérine la disparition de fait de l’enseignement des langues anciennes, ou bien oblige à choisir entre celles-ci et des groupes à effectifs réduits. Elle fragilise l’enseignement des langues autres que l’anglais et l’espagnol. Malgré les annonces rassurantes sur ces aspects, rien n’a évolué dans le projet actuel.

En globalisant les horaires des enseignements scientifique et technologique au niveau 6ième, elle ouvre la voie à une polyvalence à laquelle les enseignantEs n’ont pas été forméEs.

Elle fait éclater le cadre national des enseignements au collège, puisqu’elle laisse aux Conseils Pédagogiques et aux chefs d’établissement le choix de répartir les horaires disciplinaires sur les trois années du cycle 4, d’organiser ou non des enseignements semestriels pour les disciplines artistiques. de décider sur quelles disciplines seront prises les heures nécessaires aux EPI, ce qui sera source de conflits entre collègues et disciplines cherchant à préserver leurs horaires.

D’un collège à l’autre, les élèves n’auront plus les mêmes horaires et les mêmes contenus. La globalisation des horaires sur l’ensemble du cycle n’est qu’un trompe-l’œil : une demi-heure de moins en 5ième pour les Mathématiques, par exemple, n’est pas équivalente à une demi-heure de plus en 3ième.

Aucune de ces mesures n’est de nature à lutter réellement contre l’échec scolaire, par contre elles seront source de nouvelles inégalités sur le territoire. Il n’y aura pas de moyens supplémentaires pour l’enseignement à effectifs réduits, puisqu’il faudra localement choisir : EPI ou accompagnement personnalisé, ou groupes réduits en sciences, ou groupes réduits en LV, ou latin grec…

Pour les personnels, avec les nouveaux statuts et la loi Peillon, c’est la multiplication de réunions et de conseils de toutes sortes, l’alourdissement de la charge de travail et toujours le blocage des salaires.

NON, le collège actuel ne doit pas être conservé !

Aujourd’hui l’UMP occupe l’espace médiatique, en revendiquant le retrait de ce projet, en occultant le bilan de la politique éducative du quinquennat Sarkozy, en réclamant la fin du collège unique et le développement de filières. Ces débats politiciens montrent bien que le projet d’école est central dans le projet de société que l’on veut défendre.

Pour Émancipation Tendance Intersyndicale, il y a urgence pour le mouvement social à reprendre la main sur la transformation du système éducatif, de l’école à l’université. Retirer l’actuel projet, abroger toutes les contre-réformes accumulées depuis au moins 2003, ne suffisent pas à une réelle démocratisation scolaire.

Dans l’immédiat, le retrait du projet, l’abrogation des nouveaux statuts et de la loi Peillon doivent s’articuler avec la baisse du temps de travail, la création de tous les postes de titulaires nécessaires aux enseignements en petits groupes sans oublier la titularisation de touTEs les précaires, à partir des chiffrages des établissements et sans se laisser berner par les manipulations de chiffres du Ministère. Les activités et projets interdisciplinaires doivent venir en plus des enseignements disciplinaires et non s’y substituer. La formation des enseignantEs doit être totalement revue.

Tout cela suppose la fin de l’actuelle politique d’austérité.

A plus long terme, il s’agit d’inventer l’école polytechnique et polyvalente, sans orientation ni rupture jusqu’à la fin de la scolarité obligatoire portée à 18 ans, dans la perspective d’une rupture totale avec la société capitaliste.

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