Émancipation 17
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Va-t-on continuer longtemps comme cela ?

jeudi 21 janvier 2010, par Emancipation 17

Les personnels de l’Education Nationale sont de plus en plus nombreux à s’interroger sur le bilan de l’action syndicale de ces dernières années :

Année scolaire 2007 – 2008 : Grèves d’une journée les 18 octobre 2007 ; 20 novembre 2007 ; 24 janvier 2008 ; 18 mars 2008 ; 15 mai 2008 ; 10 juin 2008. Manifestation nationale le 18 mai 2008. Résultats : 22 800 postes supprimés dans la Fonction Publique en 2008, dont 11 200 supprimés dans l’Education Nationale, mise en place des "réformes" dans les écoles primaires et maternelles en septembre 2008 (suppression du samedi matin, aide personnalisée, nouvelles évaluations, nouveaux programmes), suppression progressive du BEP et généralisation du bac Pro en 3 ans, application de la loi LRU, financement accru des écoles privées (Loi Carle), augmentation des salaires : 0,8 %.

Année scolaire 2008 – 2009 : manifestation nationale le19 octobre 2008 ; grèves d’une journée les 20 novembre 2008 ; 29 janvier 2009 ;19 mars 2009 ; "journées d’actions décentralisées" le 26 mai 2009 ; manifestations le 13 juin. Résultats : 30 000 suppressions de postes dans la Fonction Publique en 2009 dont 13 500 supprimés dans l’Education Nationale ; report de la réforme Darcos du lycée général à septembre 2010, report d’un an de la réforme dite de la "mastérisation", augmentation des salaires : 0,8 %

Qu’en sera-t-il pour l’année 2010 ?

Après les journées du 24 novembre 2009 et du 21 janvier 2010, faudra-t-il attendre celles de mars et de mai, avec pour résultats l’application de la réforme Chatel, reprise à peine édulcorée de la réforme Darcos, le développement de la précarité, la mise en place de la "mastérisation", la disparition des IUFM, la mise en place de la destruction de la fonction publique territoriale, le recul des retraites ?

Alors que toutes les conditions étaient réunies en 2008 – 2009 pour une mobilisation massive et durable dans l’Education Nationale, l’enseignement supérieur et la recherche, les directions syndicales ont imposé leur stratégie de grèves de 24 h sans véritables suites. Elles ont ainsi délibérément cassé les dynamiques en cours et contribué à démobiliser les personnels. Aujourd’hui certaines de ces directions syndicales prennent prétexte de la démoralisation des personnels pour invalider d’avance toute idée de recours à la grève et s’ingénient à y chercher des substituts. D’autres refusent l’unité d’action, arguant de plateformes revendicatives floues et contradictoires.

Pendant ce temps le gouvernement poursuit sa politique de destruction du service public d’éducation. Il profite de l’inconsistance des réactions syndicales pour continuer l’étranglement des hôpitaux publics et entreprendre maintenant la destruction de la fonction publique territoriale.

Articulé avec la suppression de la taxe professionnelle, le projet de "réforme" de la fonction territoriale attaque la décentralisation, la démocratie locale, le statut des fonctionnaires, la garantie d’un service public égalitaire. Faute de financements, l’emploi et les missions de service public sont gravement menacés.

Beaucoup de personnels sont désorientés par des stratégies syndicales incompréhensibles qui nous mènent à la défaite.

Mais rien n’est encore décidé !

Le 21 janvier nous serons en grève, mais il faut aller au delà de cette journée. En Île de France, les sections syndicales académiques SNES-FSU, SNEP-FSU, SNUEP-FSU, CGT Educ’action et SUD Education appellent d’ores et déjà à débattre en Assemblées Générales, dans tous les lycées et les collèges, des poursuites de l’action, de la reconduction de la grève, de la participation à la manifestation nationale du 30 à Paris, pour obtenir le retrait des réformes Chatel et le rétablissement des postes supprimés.

Il doit être possible de réunir partout des Assemblées Générales, de s’organiser en réseau, d’élaborer des revendications communes claires et mobilisatrices, de débattre des suites de l’action.

Pour gagner, il n’y a pas d’autre perspective que l’unité d’action et l’affrontement direct avec le pouvoir en place par la grève, interprofessionnelle et reconductible. Donnons nous les moyens de construire la lutte.

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