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Non àla casse de l’école publique, l’éducation doit rester un droit universel !

lundi 22 décembre 2008, par Emancipation 17

La normalisation libérale que nous vivons en France est àl’œuvre dans l’ensemble des pays industrialisés. Elle s’impose partout selon des rythmes variables d’un pays àl’autre, mais l’objectif est le même : la marchandisation des savoirs, ou ‘l’économie de la connaissance’ selon les termes du Traité de Lisbonne

Les principes fondateurs d’un droit àl’éducation

Sabotage planifié du système éducatif

Quels sont les points communs àl’ensemble de ces attaques ?

A destruction globale, riposte globale

Un système éducatif émancipateur, de la maternelle àl’université.

Des revendications immédiates et unifiantes.

La capitulation des directions syndicales "représentatives"

Prenons notre destin en mains.

La stratégie est partout la même : discréditer l’école en lui faisant porter la responsabilité de l’échec scolaire. Chaque ministre quel qu’il soit, va "réformer l’école", ce qui se traduit systématiquement par des diminutions horaires, des allègements de programme non concertés, des suppressions de postes, la précarisation des personnels, l’externalisation et la privatisation de certains services. Serge Halimi a bien décrypté le scénario àpartir de l’exemple de la Nouvelle Zélande (Le grand bond en arrière, Fayard, 2006)

Les principes fondateurs d’un droit àl’éducation

Hérités de la Révolution puis de la IIIième République, mis en Å“uvre de manière incomplète et critiquable par l’institution, les principes d’un droit non marchand àl’éducation sont aujourd’hui totalement remis en question.

Le premier est celui d’universalité développé par Condorcet dans son rapport sur l’instruction publique en 1792 ;

Le deuxième, l’égalité, a été ainsi affirmé par Jules Ferry ; ‘L’œuvre de notre temps est une Å“uvre pacifique, généreuse : faire disparaître la dernière, la plus redoutable des inégalités qui viennent de la naissance, l’inégalité d’éducation.’ (1870) ;

Le troisième est énoncé par Jean Jaurès dans un discours pour le Relèvement de l’Enseignement Public en 1888, la démocratisation ;

L’émancipation est le quatrième principe ainsi présenté par John Dewey en 1916 dans "Education and Democracy" : "Dans une société démocratique, l’éducation ne doit pas être conçue comme une pratique qui s’efforce d’habituer l’enfant àun système définitivement fixe d’institutions sociales, économiques et politiques ; au contraire, au lieu de veiller au maintien d’un statu quo, une société démocratique doit s’assigner pour tâche permanente son propre perfectionnement social".

Quatre principes que l’on trouve réunis dans la pédagogie que Célestin Freinet a développée par la coopération, l’individualisation, l’expression et la communication, le tâtonnement expérimental.

(Cf la revue Agone, n° 29-30, 2003 L’éducation et ses contraires)

Sabotage planifié du système éducatif

En France L. Jospin, F. Bayrou, C. Allègre, J. Lang, L. Ferry et aujourd’hui X. Darcos ont chacun àleur tour et àleur manière dénoncé ces principes fondateurs.

Aujourd’hui il s’agit d’abord de vider l’école maternelle de ses effectifs pour justifier les suppressions de postes

Après avoir dénigré la fonction enseignante en maternelle ("changer des couche-culottes") Darcos prépare la déscolarisation des 2-3 ans des et le recours massif aux "jardins d’éveil" municipaux pour la rentrée 2009.

L’efficacité de la maternelle est démontrée depuis longtemps. Il ne s’agit pas d’ignorance de la part du ministre, mais d’une tactique éprouvée en direction de l’opinion et d’une priorité, la baisse des coà»ts du service public d’éducation.

Un deuxième secteur est en butte aux attaques du ministère, celui des RASED (Réseaux d’Aide aux Enfants en Difficulté). Ces dispositifs sont étranglés avant de disparaître, sans aucune évaluation sérieuse, mais en raison de leur coà»t. 3000 postes vont être supprimés, (soit un tiers) avec un discours qui entretient volontairement la confusion entre aide éducative assurée par des praticiens professionnels (Maîtres spécialisés, psychologues) et soutien scolaire.

La troisième offensive est menée contre l’enseignement spécialisé, avec la disparition programmée des CLISS et des SEGPA, remplacées par une aide personnalisée imposée àdes personnels non formés et sans tenir compte des besoins spécifiques. Le ministère prétexte une diversification des publics scolaires, répondant ainsi àune demande des familles et aux vÅ“ux des associations et organisations de spécialistes, mais c’est en réalité une pseudo intégration au rabais, dans des structures traditionnelles dépourvues de moyens.

Ceci n’empêche pas X. Darcos de trouver les fonds nécessaires pour financer l’enseignement privé

La quatrième attaque porte sur l’enseignement élémentaire par l’appauvrissement des programmes et leur recentrage sur des savoirs dits fondamentaux, avec la diminution du temps scolaire (semaine de 4 jours), sans qu’aucun bilan n’ait été tiré des dernières réformes.

Le cinquième front est celui du Collège Unique, depuis longtemps décrié. La première stratégie prône un retour aux fondamentaux qui flatte les nostalgiques de l’école de la 3ème république. Sans répondre aux attentes des familles, des élèves et des personnels, elle masque le manque d’encadrement.

Cela se vérifie par la deuxième stratégie adoptée, le gonflement des effectifs au prétexte que le nombre d’élèves par classe serait sans incidence sur la réussite scolaire. Enfin, troisième axiome, la liberté de choix invoquée pour la disparition de la carte scolaire, et ce malgré les logiques de ghettoïsation qu’elle induit. Les sociologues, comme Agnès Van Zanten (Entretien avec le Monde de l’Education, septembre 2008) et même l’Inspection Générale, dans un rapport de 2007, bloqué par le Ministère, dénoncent les conséquences inéluctables de cette politique.

L’avant-dernier bastion àdétruire est le lycée. Cette destruction est déjààl’œuvre avec la suppression du bac pro en 4 ans. L’alignement du lycée professionnel sur le rythme trisannuel du lycée général, induira la réorientation des élèves en difficulté vers le privé (CFA et autres Maisons Familiales). Mais dès la rentrée 2009, la réforme de la classe de Seconde faite dans l’urgence et sans concertation, porte un coup décisif.

Quels sont les axes de cette réforme ?
- réduction du temps scolaire
- enseignement modulaire, choix excluants, diminution du nombre d’options, donc suppressions de postes
- renforcement de l’évaluation au détriment de la formation

- renforcement de la sélection en cours de formation
- semestrialisation des enseignements qui préfigure l’annualisation des services pour les personnels

Après la réforme de la Seconde, c’est toute l’architecture du 2nd cycle et l’avenir du bac qui sont menacés.

La dernière attaque cible l’université avec la mise en place de la LRU et l’autonomie des établissements, qui intervient quatre ans après la réforme du LMD sous prétexte d’harmonisation européenne. La LRU a été votée en juillet 2007 pour une application rapide, 20 établissements sélectionnés par Valérie Pécresse vont ainsi devenir autonomes dès janvier 2009.

Corollaire de la LRU, la création de pôles d’excellence, basés sur la concurrence et la recherche de financement propre, constitue la dernière étape avant la privatisation. La mise en place du "Plan Réussite en Licence" a surtout pour but de faire accepter les réformes par les étudiantEs.

Toutes ces attaques vont être finalisées par la création des Masters d’enseignement, la disparition des IUFM et la régionalisation des concours de recrutement, dernière étape avant leur éventuelle disparition. Déjàpour l’année 2009 le nombre de postes offerts aux concours est en baisse de 40 % par rapport à2008. Imposée sans réelle concertation cette réforme se heurte àune hostilité grandissante au sein des universités et des IUFM. 

Elles s’accompagnent de l’éclatement des statuts : recrutement par les chefs d’établissements de contractuels et non titulaires, réforme des mutations, déroulement de carrières et rémunérations en fonction des résultats, réorganisation des corps.

Une cohérence planétaire

Dès 1996, les experts de l’UE déclaraient : ‘Les systèmes d’éducation et de formation ne sont pas assez conscients des contraintes de compétitivité.’ De manière similaire, C. Allègre en 1998 louait l’autonomie afin ‘d’instiller cet esprit d’entreprise et d’innovation qui fait défaut.’

Les solutions àces problèmes conjoints seraient la dérégulation des marchés et une réforme des systèmes d’éducation, d’où cette déclinaison de "l’économie de la connaissance" àtous les paliers d’enseignement, animée par quelques idées force : évaluation, qualité et compétitivité.

La rhétorique du changement et de la modernisation est àl’œuvre dans toute l’UE et l’entreprise de sabotage àlaquelle se livrent nos ministres n’est due qu’àl’application, àleur rythme, des impératifs communautaires liés aux intérêts purement marchands dans le cadre d’un plan concerté pour mettre l’école au service de l’économie capitaliste.

Quels sont les points communs àl’ensemble de ces attaques ?

- Contre l’universalité, la déréglementation

- Contre l’égalité, le désengagement direct ou indirect de l’Etat et le renforcement du privé

- Contre la démocratisation, le tri social et la sélection

- Contre une éducation émancipatrice, l’adéquation aux besoins des marchés.

Une telle adaptation revêt des formes multiples selon le modèle scolaire et le cadre politique. Certains pays de l’UE aux institutions plus flexibles et moins réglementées ont une capacité plus grande àl’innovation, car ils partent de moins loin(!).

C’est le cas de la Grande-Bretagne dont le système a servi de modèle aux réformes en cours, avec d’autres expérimentations aux Etats-Unis, en Nouvelle Zélande et en Australie. Le gouvernement de Tony Blair, par exemple, s’est, dès 1997, attaqué àla diminution des flux d’élèves vers l’enseignement supérieur d’abord en renforçant la sélection àl’examen final (A level) par l’introduction du niveau A*, et plus tard en augmentant les droits d’inscription. L’autre mesure du gouvernement travailliste a été en 2006 l’abaissement à14 ans de l’âge de l’orientation vers l’apprentissage.

En Italie, le gouvernement Monatti àla même époque préconisait la même mesure qui figurait aussi dans le rapport Thélot (mais qui n’a pour l’heure pas fait l’objet d’une application généralisée.).

Pour justifier d’un même seuil d’orientation, le ministère allemand prétend que 14 ans est l’âge auquel les vocations scolaires sont établies.

A côté de la régulation des flux et leur nécessaire flexibilité, l’autre changement radical est l’imposition du socle commun de connaissances entre 5 et 14 ans ainsi que l’exigence de la qualité des conditions de leur acquisition.

La Grande Bretagne a mis en place des orientations nationales selon lesquelles la lecture et le calcul devraient compter pour plus de 50% du temps scolaire.

En Italie, le recentrage de l’enseignement primaire renonçant au ‘tempo pieno’ et réduisant le volume horaire, conduit àl’abandon de nombreuses disciplines dites non fondamentales.

De leur côté, les régions allemandes ont mis en place des examens en cours de formation dans toutes les écoles pour évaluer les connaissances communes.

On pourrait multiplier les exemples àtravers toute l’Union européenne.

A destruction globale, riposte globale

Les réformes apparemment tous azimuts procèdent bien d’un plan d’ensemble parfaitement cohérent, àl’échelle nationale et européenne. Il faut donc y opposer un projet alternatif tout aussi cohérent.

Un système éducatif émancipateur, de la maternelle àl’université.

Un tel projet doit s’appuyer sur des principes fondamentaux et intangibles, qui ne peuvent être soumis aux lois du marché :
- L’éducation est un droit, tous les enfants et les jeunes, jusqu’àl’actuelle fin du lycée, doivent y avoir un égal accès sur tout le territoire.
- L’école, le collège, le lycée, ne sont pas seulement des lieux laïques de construction et d’acquisition des savoirs, ce sont aussi des lieux de socialisation et de construction de l’individu.
- La mission du système éducatif est de donner àtous les jeunes, sans distinction d’aucune sorte, les repères culturels et les méthodes de la raison critique qui leur permettront d’agir librement sur le monde, c’est-à-dire de devenir des hommes et des femmes émancipéEs.
- Les enfants et les jeunes ont des droits, qui doivent être respectés et mis en pratique.
- L’université doit participer àla diffusion libre et gratuite des avancées de la recherche, au bénéfice de l’ensemble du corps social.

La mise en pratique de ces principes nécessite :

a) des pédagogies actives, permettant une approche des savoirs dans un cadre collectif et coopératif, par l’utilisation du processus de “ tâtonnement expérimental †pour la construction des savoirs, par des projets collectifs et individuels ambitieux, par la maîtrise et le lien entre toutes les approches : artistique, linguistique, littéraire, manuelle, philosophique, scientifique, sociale, corporelle et technique. Parce que la réalité du monde qui nous entoure est source d’objets d’étude complexes, il faut maintenir toute la pluralité des approches disciplinaires et lui donner une cohérence globale, àl’opposé des choix excluants et mutilants d’options actuellement proposés au collège, ou des choix de modules proposés dans l’actuel projet de réforme des lycées. Il faut des enseignantEs supplémentaires pour encadrer les activités en petit groupe. De l’école primaire au lycée, aucun groupe ou classe ne devrait dépasser 25 élèves. Il faut pouvoir accueillir àl’école maternelle les enfants dès deux ans dans des conditions adaptées àleur âge : pas de groupe de plus de 20 enfants, un espace adapté àleurs besoins spécifiques.

b) Un système éducatif démocratique, permettant une scolarité sans ruptures ni orientations jusqu’àl’actuelle fin du lycée. Chaque enfant, chaque jeune, doit pouvoir s’attarder dans les domaines où il/elle est en difficulté tout en pouvant continuer sa progression dans les domaines où il/elle réussit, sans que l’inégalité de ses rythmes d’acquisition puisse induire des choix pénalisants pour l’avenir. Chaque enfant, chaque jeune, doit pouvoir bénéficier d’aide et de soutien adaptés dans le cadre même de la scolarité unique. Cela suppose entre autres des cycles pluriannuels débarrassés de la multiplication actuelle des évaluations-sanctions intermédiaires, l’absence de toute hiérarchie entre les savoirs, la fusion des trois voies de formation, professionnelle, technologique et générale, en une voie unique, polyvalente et polytechnique, jusqu’àla fin de l’actuel lycée.

Cela suppose aussi la mise en place d’une institution elle-même démocratique, débarrassée des structures hiérarchiques et respectueuse des droits fondamentaux, précisément pour la participation aux prises de décision. Dès l’école maternelle et primaire, il faut donner aux enfants et aux jeunes la place et la reconnaissance dont ils ont besoin en permettant l’apprentissage de la liberté au sein d’un groupe, par la participation active àla vie collective et sociale au sein de l’établissement. D’où la centralité de la coopération. Les parents et les partenaires éducatifs doivent être associés au fonctionnement démocratique. Au renforcement des pouvoirs des chefs d’établissements il faut opposer la direction collégiale et l’élection, l’intégration des tâches administratives dans le temps de service.

Cela suppose encore un système éducatif laïque national et unifié. Le dualisme scolaire doit disparaître.

c) Un corps unique des personnels, de la maternelle àl’université, donnant àchacunE un même statut de fonctionnaire d’Etat, un salaire égal pour un travail égal. Cela suppose la reconnaissance effective du rôle éducatif des personnels non enseignants, la refonte des IUFM, en opposition àleur disparition programmée, pour mettre en place une formation commune intégrant tous les acquis scientifiques et pédagogiques qui font de l’enseignement un métier qui s’apprend. Les fondements des pédagogies actives et coopératives doivent être connus de tous les personnels intervenant dans le système éducatif, parallèlement àune spécialisation nécessaire en fonction des niveaux d’enseignement.

d) Une université au service d’une société de la culture et de la connaissance, qui doit concilier trois types de missions : la formation professionnelle initiale et continue, le libre développement de la recherche, et la diffusion d’une culture en constant renouvellement auprès de tous les publics désireux de se l’approprier. Ces trois axes ne peuvent être menés de front que dans le cadre d’un service public national, laïque, unifié et donc non concurrentiel. La situation sociale des étudiantEs doit être améliorée par la création d’une allocation d’autonomie. Comme dans le second degré, au renforcement des pouvoirs des Présidents d’université, àl’entrée du patronat dans les conseils d’administration, il faut opposer la gestion démocratique par des éluEs sous contrôle direct des personnels.

Des revendications immédiates et unifiantes.

Alors que le saucissonnage des réformes divise les forces sociales en donnant l’illusion de cibler des catégories de personnels disparates qui seraient seules concernées, c’est un vaste mouvement social pour le droit àl’éducation qu’il faut engager. C’est pourquoi il faut dès maintenant mettre en avant des revendications claires, susceptibles de rassembler dans l’unité d’action toutes les forces sociales dans la perspective de s’affranchir des ravages du capitalisme.

L’actualité nous montre clairement que la seule morale du capitalisme est celle du profit maximum, qu’il faut garantir quoi qu’il arrive, quitte àfaire payer àtous les salariés, chômeurs et retraités le prix des crises qu’il engendre, par la destruction des droits et des services publics. C’est bien dans ce cadre général que s’insère la politique actuelle de marchandisation de l’école. Ces libéraux qui maintenant réclament l’intervention de l’Etat et la "moralisation" du capitalisme face aux in cohérences du marché sont les mêmes qui Å“uvrent àla privatisation des services publics, dont l’éducation, et au désengagement de l’Etat, pour financer les milliards distribués aux banques.

C’est pourquoi non seulement tous les personnels de l’Education Nationale, mais aussi tous les jeunes, les parents, les salariéEs, doivent se mobiliser, par la grève et le boycott :
- Contre la privatisation de certains secteurs, comme la Poste, ou l’aide aux écoles privées dans les ZEP.

- Contre les 30 000 suppressions de postes dans la fonction publique prévues en 2009, dont 13500 dans l’Education Nationale, pour la création de postes supplémentaires (25 élèves par classe, plus de maitres que de classes dans le premier degré)
- Contre la destruction des services publics, dont l’éducation
- Contre le démantèlement des RASED et la mise en place de l’aide individualisée
- Contre la mise en concurrence des établissements dans le cadre des EPEP et par la suppression de la carte scolaire
- Contre la mise en place du service minimum d’accueil qui réduit le droit de grève
- Contre la réforme du lycée àla rentrée 2009
- Contre la mise en concurrence des personnels par l’individualisation des carrières et les primes au mérite
- Contre la disparition des IUFM et la mise en place de la masterisation des diplômes d’enseignement.

La capitulation des directions syndicales "représentatives"

Cette voie de la lutte unitaire, la seule qui permette de gagner vraiment, la plupart des directions syndicales qui se prétendent représentatives refusent de la prendre.

La collaboration de la classe

Sous l’argument fallacieux qu’il n’y a pas d’autre solution pour éviter le pire, les directions syndicales ont décidé la signature – souvent sans réel débat dans l’organisation syndicale – d’accords qui reviennent àl’application de mesures déjàdécidées : réforme du Bac professionnel, "position commune" sur la représentativité syndicale dans le privé, accord sur le "dialogue social" dans la Fonction Publique, ….

Chaque signature de ces accords a permis au pouvoir de porter un coup tordu de plus, ridiculisant la stratégie àcourte vue des directions syndicales.

L’électoralisme

D’accord avec le gouvernement sur les nouvelles règles de la représentativité, les bureaucraties syndicales ont pour priorité de réussir les élections professionnelles. Chaque organisation cherche avant tout àse démarquer des autres dans une logique de concurrence intersyndicale, reléguant au second plan l’unité d’action. Des syndicats comme l’UDAS ou la CNT sont exclus des intersyndicales nationales au prétexte de représentativité insuffisante. L’unité doit s’ouvrir àtoutes les organisations de lutte, sans exclusives.

Pour nous, c’est dans la lutte que la représentativité se gagne, et non dans les accords avec l’Etat-patron.

La dispersion des ripostes

Alors que la manifestation du 19 octobre a de nouveau montré la disponibilité des forces sociales àla mobilisation, des actions sectorielles ont d’abord été proposées.

C’est sous la pression des sections syndicales les plus mobilisées que l’intersyndicale nationale du second degré s’est ensuite ralliée àla grève du 20 novembre initialement prévue pour le seul premier degré.

Prenons notre destin en mains.

Outre le refus de faire converger les luttes, on constate dans ces propositions l’absence limpide du mot "reconduction". C’est que l’objectif n’est pas de gagner quoi que ce soit. Personne ne croit sérieusement faire trembler le pouvoir avec un rassemblement ou même une grève d’une journée.

Si les directions syndicales prétendument représentatives n’en sont pas capables, c’est ànous-mêmes qu’il revient d’organiser l’union et la convergence des luttes, avec l’appui des organisations syndicales de lutte comme CNT, SUD Education, UDAS, et aussi les sections les plus combattives des autres syndicats.

C’est dans les Assemblées Générales et les coordinations qui se mettent en place, organisées démocratiquement, qu’il sera possible de construire la grève générale, comme en Italie, qui reste quoi qu’on en dise la seule arme dont les salariéEs peuvent disposer.

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